Fatim Cissé : Comment Incorporer l’Intelligence Artificielle en Afrique

Qu’est-ce que l’Intelligence Artificielle ? 

Le terme intelligence artificielle, artificial intelligence en anglais, s’est vu créé par John McCarthy. Il est souvent abrégé par le sigle “IA ou  “AI” en anglais. Le collaborateur de John McCarthy, Marvin Lee Minsky a pu en donner une définition très précise. Il s’agit de “la construction des programmes informatiques qui s’adonnent à des tâches qui pour l’instant sont accomplies de façon satisfaisante par des êtres humains car elles demandent des processus mentaux de haut niveau tels que : l’apprentissage perceptuel, l’organisation de la mémoire et le raisonnement critique”. Cela résulte donc de deux concepts clés. Premièrement, un côté “artificiel” atteint par l’usage des ordinateurs ou de processus électroniques élaborés. Deuxièmement, un côté “intelligent” chargé d’imiter le comportement humain.  Ainsi, “l’intelligence artificielle est l’ensemble des théories et des techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence” (Encyclopédie Larousse). 

Evolution de l’Intelligence Artificielle 

L’intelligence artificielle (IA) n’est pas une science qui date d’aujourd’hui. C’est en 1950 que remontent ses premières traces dans l’article intitulé “Computing Machinery and Intelligence” d’Alan Turing. Dans cet article, le mathématicien explore le problème qui est de définir si une machine est consciente ou non. À cet effet, il décrit ce que l’on appelle aujourd’hui : le test de Turing. Ce test permet d’évaluer la capacité d’une machine à tenir une conversation humaine.

Après une traîne d’environ 30 ans, l’intelligence artificielle s’est développée grâce à sa principale matière première : “les données”. Grâce à leurs réserves de données illimitées les géants technologiques américains GAFAM contribuent largement au développement de l’IA. Il s’agit de Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Leurs confrères asiatiques BATX (Baidou, Alibaba, Tencent, Xiaomi) en sont aussi des acteurs importants. En effet, tous disposent d’une capacité auto-régénérative. 

Fatim Cissé, l’experte africaine de l’IA

Fatim Cissé : Comment Incorporer l'Intelligence Artificielle en Afrique Fatim Cissé est titulaire d’un Bachelor en économie de l’Université de Montréal. Elle obtient aussi une maîtrise en gestion des ressources humaines de HEC Montréal. Ensuite, cette jeune ivoirienne devient la toute première femme africaine à obtenir un prestigieux diplôme de la Silicon valley. En effet, début 2019, elle décroche l’Executive program en intelligence artificielle de la Singularity university. Cette université de renom a été fondée en 2008 aux USA par Peter Diamandis et Raz Kurzweil. On y étudie les technologies de pointe avec pour finalité d’améliorer le futur de l’humanité. 

Elle est également titulaire du Senior executive program en management de la Harvard business school. Fatim Cissé est une experte en développement d’intelligence artificielle. Elle dirige la société Dux/Aspiring Minds. L’entreprise est spécialisée dans le développement et la distribution de produits basés sur l’intelligence artificielle. “Elle entend aussi fournir à l’ensemble de ses clients, particuliers ou sociétés, l’opportunité d’examiner leurs compétences techniques afin d’accroître leur employabilité” (news.abidjan.net). 


Les enjeux de l’Intelligence Artificielle en Afrique vus par Fatim Cissé 

Fatim Cissé : Comment Incorporer l'Intelligence Artificielle en Afrique
Fatim CISSE est l’administratrice Générale de DUX CIV

Selon la jeune femme,l’Intelligence artificielle est le levier qui nous permettra d’atteindre le développement qu’on souhaite. Comme on l’a vu dans tous les domaines, de l’agriculture à l’industrie, en passant par l’éducation, elle va nous permettre d’améliorer nos services et de fournir à nos populations l’opportunité de pouvoir s’intégrer valablement dans la société. La santé, la traduction, le service à la clientèle sont aussi concernés.

“L’état des lieux montre que, bien qu’une prise de conscience commence à se faire sentir, on a encore beaucoup de travail à faire. Notamment dans la sensibilisation des gens. Leur communiquer l’existence déjà de cette nouvelle technologie. De pouvoir lever toutes les portes, tous les blocages que les gens ont à l’utilisation et à l’intégration de cette technologie dans leur quotidien. Mais ce genre d’initiatives va permettre, je pense, de vulgariser le discours et de faire naître, peut-être, la curiosité des Ivoiriens qui vont vouloir se documenter et peut-être, éventuellement, intégrer ce nouveau train qui se peaufine.

L’Afrique a un retard dans tout ce qui est production d’intelligence artificiel. On accuse un grand retard. Mais je pense que tout n’est pas perdu. On peut encore améliorer notre quotidien en utilisant cette nouvelle technologie dans les domaines qui nous sont les plus critiques, comme la santé, l’éducation[,] l’industrie [et bien d’autres], pour pouvoir rendre nos entreprises ivoiriennes [et africaines] beaucoup plus compétitives.”

Dans le secteur de l’éducation par exemple, ces applications permettront d’offrir de grands programmes conformes aux normes internationales et adaptés aux besoins spécifiques. 

Dans celui de la santé, allant du diagnostic au traitement, les soins aux patients seront plus efficients. Idem dans les secteurs traditionnels comme l’agriculture. L’utilisation de l’IA améliorera la productivité et la rentabilité de notre production.

Logo de DUX CIV digiré par Fatim CisséFatim Cissé ajoute que l’IA “peut être un levier qui va nous permettre d’avoir les meilleures pratiques, les plus efficaces, les plus productives et surtout de pouvoir être compétitifs sur le marché africain et mondial. L’intelligence artificielle va faire disparaître les emplois, surtout les emplois les moins qualifiés, les emplois répétitifs, les emplois dangereux. Mais elle va créer beaucoup plus d’opportunités dans le codage, mais aussi dans tous les services annexes qu’il va falloir implémenter pour pouvoir bénéficier de cette intelligence artificielle. 

Pour les hommes, comme je dis, le risque c’est vraiment de ne pas réussir à s’intégrer et à cohabiter avec le robot. Je pense que le robot, en termes de technologie, ne va pas vraiment être un facteur de risque en lui-même. Mais, je pense qu’il faut craindre de se voir marginalisé parce qu’incapable de s’intégrer dans [le] monde de demain. Et [cela] passe par tout un chacun qui doit investir lui-même dans son adaptation à ce nouveau monde.”

La robotique, je pense, doit débuter avec l’éducation. Parce qu’à la fin de la journée, je pense [que ce sont] des êtres humains qui sont amenés à faire fonctionner ces robots. Donc je pense que la priorité vraiment serait de revoir notre système éducatif. C’est possible d’intégrer ces contenus qui sont déjà disponibles pour permettre aux Hommes ivoiriens [et des autres pays d’Afrique] de pouvoir […] Utiliser justement cette nouvelle technologie. Peu importe le domaine d’activité qu’ils choisissent. 

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